Luxe, calme

Mathieu Bertholet

MuFuThe
De Mathieu Bertholet

Il y a quelques années, je commençais à vivre plus souvent, plus longtemps sur la Riviera vaudoise.
J'étais fasciné par ce paysage, qui me rappelait le Valais des vignes, le lac en plus. Au même moment,
je m'intéressais à l'aide au suicide, à Exit et Dignitas, cet autre particularisme suisse qui attire les
étrangers. Ces deux matières, ce paysage et cette issue de secours m'ont semblé le matériau idéal pour
une nouvelle pièce, atmosphérique, rhapsodique, qui prend son temps, et qui fait apparaître dans
l'Imaginaire des lacs aux bleus inconnus.
Comme à mon habitude, dans LUXE, CALME je n'invente pas une histoire, je me sers de l'Histoire, des
lieux et des paysages, d'un poème. Voir les Alpes et mourir : Romantisme et alpinisme.
Le paysage du lac Léman, les Alpes enneigés sont intimement liés à l'hôtellerie de luxe. Comme si des
palaces
Etaient nécessaires pour bien voir un coucher de soleil, comme s'il fallait le confort d'un balcon pour pouvoir embrasser à leur juste valeur les couleurs changeantes d'une nature puissante et menaçante.
Mais les Alpes et le lac n'ont pas toujours été ces paysages de cartes postales, pittoresques, bucoliques
et rustiques. Avant, il n'y a pas si longtemps, les montagnes n'étaient que dangers, menaces, barrières
infranchissables vers des terres gorgées de soleil, vers le pays où les citronniers fleurissent
(Kennst du das Land wo die Zitronen blühen?, in WILHELM MEISTERS LEHRJAHRE, J.W. von Goethe).
Goethe, sur la route des citronniers, fait la découverte de ces cimes violentes, de ces bleus profonds,
de ces glaciers qui retiennent légendes et âmes en peine. Goethe a ouvert la voie. Aux alpinistes qui
conquièrent Cervin et Mont-Blanc; aux Britanniques qui s'étalent au soleil dans l'air pur des
montagnes; aux poètes qui habitent les châteaux et y logent esprits révolutionnaires et monstres
modernes, aux visionnaires qui tracent les voies de chemin de fers qui atteignent les sommets; aux
promoteurs qui ont deviné le potentiel financier que représente ce nouveau romantisme des Alpes.
Dans le sillage de Goethe, on construit les palaces. Il aura fallu tous ces regards du dehors, toutes ces
visions des Alpes, de la Suisse pour former cette image idyllique que nous en avons nous-mêmes,
Suisses d'aujourd'hui.
Les autres savent mieux voir, on voit mieux du dehors. Il fallait des yeux allemands, anglais, pour que
nous voyions notre lac. Mais aujourd'hui, qu'est-il advenu de cette idylle, de ces Palaces, de ce
romantisme alpin ? Ils ont été remplacés par d'autres rêves, plus lointains. Les avions ont rendus
d'autres paysages accessibles. D'autres lieux invitent aux voyages. Les palaces se sont vidés. Seules
quelques grandes maisons ont survécu. La plupart ont changé de visiteurs. Ils n'accueillent plus les
premières nuits d'un mariage princier ou les divagations de poètes encore méconnus. Cliniques,
maisons de repos, établissements médico-sociaux ont pris leur place.
Au XIXème siècle, Britanniques, Allemands et Russes venaient profiter de nos vues, de nos trains, de
nos palaces. Aujourd'hui ils viennent ici pour mourir. Le tourisme de luxe est devenu tourisme de l'âge,
de la mort. Impossible d'écrire une ode au luxe et au calme suisses sans laisser teinter ce goût amer.
Comment et où il résonnera, je ne le sais pas encore...
Le texte, fragmentaire, mêlera dialogues concrets, situations documentaires et séquences oniriques.
Les fragments constitueront une rhapsodie ancrée dans le paysage suisse, le luxe, la mort et le calme.
Le travail physique creusera d'autres sillons que ceux exploités par le texte, il éclairera d'autres aspects
de ce futur commerce avec la mort. Texte et corps tiendront des partitions différentes. Si le texte sera
onirique, rhapsodique, le corps vivra de souffles, de respirations ; il mettra en avant sa pneumatique.
Le corps sera plus figuratif, plus tautologique, presque... Il fera montre de son dernier souffle. Il le fera
entendre, voir et sentir...
Théâtre
Contemporain
Transdisciplinaire

Contact Administratif

MuFuThe
c/o Thibault Genton
Rue Voltaire 28
1201 Genève
Suisse

www.mufuthe.ch

Thibault Genton , Chargé de production
076 579 35 82
thgenton@yahoo.fr

Distribution

Mise en scène
Mathieu Bertholet
Production
MuFuThe

Assistanat à la mise en scène
Manon Krüttli
Interprétation
Véronique Alain
Tamara Bacci
Rebecca Balestra
Léonard Bertholet
ARMAND DELADOËY
Joël Hefti
Julien Jacquérioz
Fred Jacot-Guillarmod
Baptiste Morisod
Daniele Pintaudi
Nora Steinig
Louka Petit-Taborelli
Scénographie
Sylvie Kleiber
Lumière
Yan Godat
Musique
Daniele Pintaudi
Costumes
Anna Van Brée
Dramaturgie
Guillaume Poix


Photos du spectacle

Aucune représentation

Théâtre de Valère, Sion
18 avril 2018


Comédie de Genève - Centre dramatique, Genève
10 au 15 avril 2018


TPR, La Chaux-de-Fonds
22 au 25 mars 2018


Théâtre de Vidy, Lausanne
8 au 18 mars 2018


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